PrésentationDiscoursDiaporamaLoisirs - DiversContact - SitesInterv. du 25.4.Interv. du 21.3.Retour accueil


CCIG, 30 janvier 2018, introduction à la présentation de Piccard

Monsieur le CE, Monsieur Piccard, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités politiques, des organisations internationales,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Je suis heureux comme président du Grand Conseil d'ouvrir le débat.

Je ne me permettrai pas de présenter Monsieur Piccard qui est, avec Monsieur Federer, le Suisse le plus connu au monde !
Merci à Monsieur Piccard d'avoir répondu à ma demande qui en préambule invoquait la nécessité d'un meilleurs contact et d'une information plus suivie entre les inventeurs aux mille idées concernant les énergies nouvelles, dont il est le plus éminent représentant, et la classe politique, notamment dans notre canton, puisque les députés ont la possibilité de déposer des projets de loi, lois qui peuvent modifier de façon importante la vie de notre communauté.
Cette conférence s'inscrit finalement dans le cadre bien plus important de ces assises et le nombreux public présent démontre clairement que le sujet passionne tout un chacun. Et Genève, avec ses 36 organisations internationales, ses centaines d'ONG, véritable carrefour du monde, est le lieu idéal pour traiter de thèmes qui touchent toute la planète.
La transition énergétique votée par le peuple soulève encore chez bien des personnes des interrogations et un certain scepticisme quand à sa réalisation à l'horizon 2050. Pour les convaincus, j'en suis un, nous savons que le chemin choisi ne sera pas sans embûches.
Cependant un pays développé comme le nôtre, avec les changements climatiques qui s'annoncent et les problèmes de pollution, se doit d'être un exemple et un moteur de la vision incontournable d'un monde durable, car il n'y aura pas d'autre choix.
Il faut le marteler: l'adoption d'énergies renouvelables et propres, la philosophie d'un développement qui n'épuise pas les resources ne sont pas en opposition avec une économie prospère; au contraire! Ces nouvelles technologies sont une chance pour la Suisse, si inventive et à la pointe de la recherche dans de nombreux domaines.
Quand vous êtes propriétaire d'une forêt. on vous demande de la gérer en bon père de famille. En rassemblant nos forces au service d'une transition énergétique ambitieuse, c'est dans le fond se donner les moyens de gérer notre avenir en bon père de famille. L'image est porteuse :
Aujourd'hui nous plantons des arbres, c'est un gros travail, un effort important qui coûte cher, mais nous le faisons pour que demain nos enfants profitent de la forêt.
Monsieur Piccard, merci d'être là ce soir, nous nous réjouissons de vous écouter.


 


La Treille, 30 décembre 2017

Mesdames et Messieurs,
Les salutations protocolaires ayant été faites, j'ai le plaisir de partager avec vous ces instants de souvenir d'une période cruciale
pour Genève. Peut-on imaginer deux siècles plus tard le bonheur de nos ancêtres qui retrouvaient la liberté après tant d'années
d'occupation. Savons-nous être assez reconnaissants de leur sagesse quand ils ont décidé d'entrer dans la Confédération
helvétique ?
Nous sommes toutes et tous un brin de ce long fil qui nous lie au passé et que nous avons le devoir de prolonger, jour après jour, afin
qu'il perdure, solide, pour nos enfants et petits-enfants.
On peut avoir une autre vision que Victor Hugo quand il parle du destin : "destin, fil noir que la tombe dévide", surtout si on habite
cette incroyable République sur laquelle un heureux sort s'est penché. Avec 500'000 habitants, elle n'est que la 63 ème
agglomération européenne, mais son renom fait d'elle la plus grande des petites cités.

J'avais 22 ans en 1968. Une jeunesse couverte d'abondance et de certitudes voulait changer un Monde dépassé et ringard en faisant
table rase des vieux principes et de l'ancienne morale: rien ne serait plus comme avant. Au rebut la famille, les nations!
Quelle assurance, quelle ignorance! On ne change pas une société d'un coup de baguette magique ! L'Histoire enseigne que l'Humanité
progresse par petits pas, mais que la nature humaine ne change pas.

Il semble aujourd'hui que le monde ne réponde plus aux espoirs rêvés, il glisse vers des abîmes effrayants où la nature s'étiole, les
neiges éternelles disparaissent, la pollution empoisonne les grandes villes.

Dans cette configuration inquiétante, la roue tourne, voilà tout d'un coup que les vieilles valeurs pointent à nouveau leur nez. La famille
redevient un lieu où il fait bon vivre et élever ses enfants, incontournable comme la cellule l'est au corps.
Chacun craint de voir son métier devenir obsolète avec les nouvelles technologies, nous avons de la peine à trier le vrai du
faux dans cette toile gigantesque qui nous submerge d'informations, où tout un chacun est un docteur es Wikipedia qui
d'un coup de clic martèle à la terre entière ses convictions, aussi erronées soient-elles. L'incertitude d'un futur toujours plus
mystérieux, une globalisation déshumanisante font que nous avons besoin de ne pas nous sentir seuls, d'être confortés par la notion
d'un corps commun d'idées et de destin: c'est ce qu'on appelle la nation.

La connaissance de notre passé et le fort sentiment d'appartenance qui nous ont forgés sont les forces qui nous permettront d'avancer
d'un coeur plus tranquille.
Appuyons-nous sur la trame solide de ce qui a été, sans avoir la tentation irréfléchie d'interpréter les actes de nos ancêtres à la
lumière de nos connaissances et de notre vision d'aujourd'hui.

Notre commémoration de ce jour, pleine de sens, nous permet de prendre le passé comme levier pour éclairer notre présent, de nous
projeter dans l'action, éclairés par l'expérience de ce qui nous a construit, de rester fiers de nos valeurs, constantes émergeant de
ce que nous avons en nous de plus profond, car nous sommes aussi l'Histoire, le fruit des temps immémoriaux inscrits dans nos
gènes, comme le rappelle le poète Henry Cazalis :

"Dans le sol primitif nos racines sont prises,
Notre âme comme un arbre a grandi lentement,
Ma pensée est un temple aux antiques assises
Où l'ombre des dieux morts vient errer par moment."

Mesdames et Messieurs, dans ce monde en mutation, nous pouvons réussir si nous unissons nos forces. Accordons nos avis
sur les sujets importants en renonçant aux veines disputes politiques qui ne correspondent plus à l'immédiateté du 21ème
siècle; essayons de conduire cette République avec une qualité qui devient rare: le bon sens. En travaillant en commune intelligence,
en privilégiant l'excellence de l'instruction, de la formation et de la recherche, soyons assurés que notre canton a de bons atouts en
main pour rester prospère et que la barque sera prête à affronter des eaux agitées.

Je ne voudrais pas terminer sans vous souhaiter, cher public, une heureuse nouvelle année.
Et reprenant le langage du vigneron que je suis : que 2018 soit pour toutes et tous un excellent millésime !
Je vous remercie de votre attention.
Vive Genève et vive la Suisse !


 

Merci de m'apporter votre soutien lors de la votation du 15 avril 2018 !


Eric Leyvraz, vigneron et ingénieur EPFZ

Président du Grand Conseil de la République et Canton de Genève
Membre de la Commission des finances, du contrôle de gestion, de l'environnement-agriculture
et des affaires communales et internationales
Conseiller municipal de la commune de Satigny /Genève
Membre du Conseil d’Administration et du Bureau stratégie des SIG

 

 
 
 

Mise à jour du : 21.02.2018 17:42